Rechercher
  • Docteur Yves Ecoffey

Urgences et suivi: une synergie!

Dernière mise à jour : juin 7

Il y a 30 ans et durant les décennies précédentes, le médecin devait souvent assumer seul la plupart des problèmes de santé du patient et d'une population.

Installé dans une contrée plus ou moins vaste, il était le seul médecin et devait gérer cet état de fait. Urgences et suivi se mélangeaient et le médecin faisait ce qu'il pouvait.

Puis, la technologie et l'accès aux études d'un plus grand nombre ont progressivement modifié le paysage médical avec parallèlement une augmentation des exigences des patients.

Je suis d'une génération où le médecin de famille devait collégialement assumer sa patientelle et les urgences de ses confrères absents. Il s'agissait de gardes organisées conjointement avec les médecins installés dans la même région pour couvrir les plages horaire sur toute l'année.

Lors de notre installation,c'est donc tout naturellement qu'avec quelques confrères nous avons développé un centre d'urgences parallèlement à nos cabinets médicaux. C'est la contribution normale d'un médecin installé à la prise en charge de la population de sa région avec une structure permettant d'assumer plus et de décharger ainsi les hôpitaux publics. Nous nous occupons également des urgences de patients soignés par les médecins locaux ne faisant pas partie de notre groupe. Notre politique a toujours été de renvoyer le patient à son médecin traitant, respectant ainsi la relation qu'il a avec son patient. Elle suit également la philosophie médicale traditionnelle qui veut que tout médecin doit s'occuper des personnes se présentant à lui quelle que soit sa situation sociale, ceci dans la mesure de ce qui est faisable, en collaboration pour la suite avec les institutions publiques.

En gérant l'urgence et en renvoyant le patient à son médecin traitant, on n'interfère pas dans la relation qu'ils ont. Il s'agit de donner du sens et non pas de juger un comportement. Le contact avec le confrère permet une telle démarche.

Idéalement, l'urgence doit être intégrée dans le suivi du patient, de manière à essayer de lui donner un sens. C'est la raison pour laquelle il y a un contact, oral ou écrit, entre l'urgentiste et le médecin traitant.

L'urgence qui est par définition douloureuse et anxiogène entre dans un cursus comme un moment de crise. Parfois nécessaire, elle devrait toutefois être l'exception. Malheureusement notre mode de vie liste mal les priorités car la santé et le bien-être sont négligés lorsqu'il sont vécus. Preuve en est la grande difficulté de créer un système mutualiste, ne voyant pas la nécessité de s'investir financièrement lorsqu'on est bien portant.

L'éducation à la santé paraît donc nécessaire. En effet, le propos est d'amener le patient à suffisamment bien connaître ses symptômes pour qu'en dehors de l'évidence (en traumatologie par exemple) il ne soit pas incité à consulter en urgence dans le seul but de gérer une angoisse liée à la mauvaise compréhension de ce qu'il se passe. En effet, l'expression corporelle d'un mal être qui est souvent très douloureuse d'ailleurs pousse à consulter en urgence avec la quasi certitude d'être incompris ou même traité de simulateur.

L'urgentiste qui ne connait rien à la situation sera alors poussé à faire ou répéter des examens inutiles dont le seul effet est d'augmenter l'angoisse, et l'on ne parlera pas du prix...

Même bien formé, l'urgentiste n'aura pas le temps d'essayer de comprendre ce qu'il se passe la salle d'attente étant bondée. Car souvent ce sont des conflits dissimulés ou une culpabilité et autre mauvaise nouvelle qui sont à l'origine de douleurs incomprises. L'impossibilité de pouvoir exprimer la cause en est la raison. Investiguer inutilement n'aura qu'un effet contraire.

Si l'urgentiste peut verbaliser cet état de fait et le médecin traitant l'investiguer par la suite, il y a bien des chances que le patient aie rapidement mieux. Certes une relation de confiance et le fait de ne pas se sentir juger sont indispensable. La synergie entre l'urgence et le suivi paraît évidente.

Une telle approche permet non seulement d'améliorer la prise en charge mais également de décharger les urgences.

Pratiquement, il s'agit de faire un bilan d'évaluation de l'état de santé préalable, afin d'avoir une hypothèse sur ce qu'il se passe. Celle-ci permettra au patient de l'intégrer dans son suivi médical et de mieux gérer un symptôme afin de consulter en urgence de manière indiquée et non pas anarchique.

Je propose ce bilan dont vous pouvez trouver les modalités dans les documents ci-après.

https://static.wixstatic.com/ugd/22833b_4c1e0092c7ba49de93313ef3e7b44dd4.pdf

Urgence et suivi en synergie, l'idéal si chaque intervenant "joue le jeu". Tel n'est malheureusement pas toujours le cas. En effet, si les patients doivent être correctement informés, les médecins doivent également adhérer à la démarche. En cas de conflit d'intérêt ou de pouvoir entre médecins, le résultat d'une consultation en urgence risque fort d'être compromis. Vous pouvez lire ci-dessous un exemple que j'ai moi-même vécu. S'agissant d'un accident, l'indication à une consultation en urgence était claire et une attitude correcte devait permettre d'aboutir. Or, un conflit larvé entre médecins a compromis la réussite du traitement.

https://static.wixstatic.com/ugd/22833b_26b36d52fcae4c7ba6a7146c373f00b6.pdf

80 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout